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Pourquoi Dieu a-t-il créé le temps ?
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d'autres extraits du manuscrit de sœur Marie de sainte Thérèse
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Le texte est une tentative de synthèse des idées fondamentales de sainte Thérèse d'Avila sur la prière.
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Jésus m'a proposé que nous passions une heure ensemble. C'était une offre excitante, alors j'ai commencé à me préparer plusieurs jours à l'avance...
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Le 21 mars 1993, une carmélite déchaussée du Chili, Thérèse de Jésus, a été canonisée à Rome. Dans l'article suivant, nous la présentons de plus près.
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la suite des réflexions de H. Nouwen à son ami Fred
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autres extraits du manuscrit de sœur Marie de saint Thérèse
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Étoile des Rois
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Le mot « éternité » n'est plus populaire depuis longtemps. N'appartient-elle pas à cet opium connu qui enivre l'homme et l'empêche de s'engager dans le présent et de consacrer ses forces aux tâches mondaines ?
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... les mots : « Tu es mon fils bien-aimé » révèlent la vérité la plus profonde de chaque être humain, peu importe à quelle tradition particulière il appartient...
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autres extraits du manuscrit de sœur Marie de sainte Thérèse
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Pensées de sainte Thérèse de Lisieux (2)
« J'ai besoin d'un cœur… »
(extrait d'un poème)
Il y a quelque chose comme une « soif », avec laquelle nous venons au monde et qui reste avec nous toute notre vie. Thérèse l’a exprimé par ces mots : « J'ai besoin d'un cœur qui brûle d'un amour tendre pour moi… » Que cette soif d'amour doive être constamment satisfaite est particulièrement visible durant la soi-disant « période d’allaitement », quand tout est encore presque « en flux » entre la mère et l'enfant. À ce moment-là, nous ne buvions pas seulement le lait de notre mère, mais ses pensées, ses sentiments et son orientation de vie « coulaient » aussi en nous. C'est pourquoi nous sommes façonnés dans notre âme, notre esprit et notre corps par notre mère. Heureux celui qui a eu une mère dont il peut dire rétrospectivement : Elle a toujours été là pour moi et a toujours été à mes côtés ! Beaucoup doivent ajouter : Elle a beaucoup pleuré pour moi, elle a dû me gronder souvent, elle était stricte, elle a souvent dit « non ». Encore une fois, heureux celui qui peut toutefois dire : Mais j'ai toujours eu le sentiment fondamental qu'elle m'aimait ! Et ce qui émanait d'elle n'était pas un désir de pouvoir, d'affirmation, de possession, mais un amour bienveillant.
Cependant, même dans le cas où je n'ai pas vécu cela dans mon enfance – Dieu peut néanmoins me sauver et me stabiliser dans ce sentiment fondamental important dont nous, les êtres humains, avons tant besoin. Thérèse en est convaincue par l'expérience. Dans l'un des huit strophes de son poème de 1895, dédié au Cœur de Jésus, elle déclare :
J'ai besoin d'un cœur qui brûle de tendresse ;
qui me soutient et ne fléchit jamais.
Et qui aime mes faiblesses presque plus que mes forces
et ne m'abandonne ni jour ni nuit.
Mais parce que j'ai vu chaque créature mortelle,
seul Dieu qui devient homme peut m'aider,
devient mon frère et sait souffrir.
Thérèse a pu dire : « J’ai besoin… ! » Ainsi, elle a trouvé Dieu, dont elle savait : Il est toujours là pour moi et je peux venir à lui dans chaque situation de malheur. Il est seulement important que je vienne. Et enfin, seul lui – à la mesure où je lui consacre – peut sauver ce qui doit être racheté dans ma vie.
P. Theophan Beierle OCD
« Marie est plus mère que reine »
(Derniers entretiens, 21 août 1897)
La relation de Thérèse à Marie était, du point de vue religieux de son époque, incroyablement claire et simple. Ce dont elle ne peut absolument pas avoir besoin, c'est d'une approche abstraite et doctrinaire avide de miracles. Même sur son lit de malade, quelques mois avant sa mort, elle explique à ses sœurs (nous avons des notes de plusieurs témoins à ce sujet) qu'elle voudrait observer la vie de Marie « telle qu'elle était vraiment, pas une vie inventée ». Elle demande aux prédicateurs de « représenter sa vie réelle, comme elle est vue dans l'Évangile ».
Et pourtant – ou précisément à cause de cela ? – la relation de Thérèse à Marie est exceptionnellement chaleureuse et vivante. À ses yeux, elle n'est pas une reine, une souveraine ou une dirigeante – des titres mariaux qui étaient alors très courants ; Marie est, comme elle le souligne encore une fois avant sa mort, « plus mère que reine », et cela très concrètement même pour Thérèse elle-même. Oui, elle n'hésite pas à avouer : « J'ai compris qu'elle veillait sur moi, que j'étais son enfant. C'est pourquoi je ne pouvais l'appeler que « Mama », « maman », car cela me semblait plus tendre que « Mère ».
Comment Thérèse en est-elle arrivée à un tel profond rapport d'amour avec Marie ? Il faut considérer comme important à cet égard – sinon on ne peut pas en surestimer l'importance – un événement qu'elle a vécu à dix ans devant la statue de la Mère de Dieu dans la maison de sa famille. Dans une grave dépression infantile qui a duré des années, Thérèse s’est mise à prier devant cette image et a trouvé du réconfort dans son angoisse psychique : « À l'improviste, la Sainte Vierge me paraissait belle, si belle que je n'ai jamais rien vu de plus beau. Son visage exprimait une bonté et une tendresse inexprimables. Ce qui m'a pourtant profondément touchée au fond de mon cœur, c'était le sourire envoûtant de la Sainte Vierge. » Depuis ce moment, Thérèse sait qu'elle est aimée par sa « Mamie Marie » et jusqu'à la fin de sa vie, elle n'oubliera pas ce « sourire », qui restera gravé en elle.
Une seconde raison est sans doute la ressemblance caractéristique entre ces deux femmes. Dans Marie, telle qu’elle est décrite dans les évangiles, Thérèse a trouvé son « archétype », à travers lequel elle a pu reconnaître son propre être. En se centrant sur Marie, elle a progressivement découvert au cours de sa vie sa manière de se rapprocher de Dieu, un « petit chemin » d’immédiateté et de simplicité vers Dieu et cette revitalisante et vivante relation avec lui et avec les autres. Dans son dernier et plus long poème « Pourquoi je t'aime, Marie » (mai 1897), elle l’exprime clairement. Marie y est décrite comme celle qui vit des vertus ordinaires discrètes. Surtout, c'est par son humilité, sa manière d’agir dans la vérité, que Thérèse se sent touchée.
Ces deux aspects esquissés ici font fondamentalement partie de l'image que Thérèse a de Marie. Pour elle, Marie est une mère avec la plus profonde compréhension – tout en étant une femme totalement humaine de Nazareth, imitable pour chacun. La grandeur intérieure de la carmélite de Lisieux à la fin de sa courte vie peut certainement être considérée comme le fruit de cette dévotion mariale, centrée sur l'Évangile et en même temps personnellement chaleureuse.
Il est également nécessaire de souligner que Marie n'a jamais été dégradée par Thérèse à un simple exécuteur de ses désirs. Sur son lit de malade, elle rappelle à ses sœurs : « Lorsque nous prions la Sainte Vierge pour quelque chose et qu'elle ne nous écoute pas, c'est un signe qu'elle ne le veut pas. Alors il faut la laisser faire ce qu'elle veut et ne pas la tracasser avec d'autres demandes. » Nous devons laisser Marie libre ; elle sait mieux ce qui est bon pour nous ; rien ne lui importe tant que nous grandissons dans la communion avec le Christ, laquelle est la plénitude de la vie.
Fr. Michael Jakel OCD
« Il m’a donné force et courage »
(Écrits autobiographiques, 95)
Il est sans doute juste de dire que la plupart des gens ne parviennent pas à accepter totalement eux-mêmes au cours de leur vie. C'est pourquoi tant de personnes vivent avec de grands ou petits complexes d’infériorité. Et celui qui n'a pas appris à s'accepter lui-même, ne deviendra pas non plus un grand amoureux, celui qui tentera d'accepter son prochain dans chaque situation, qu’il « le mérite » ou non ; comme il est connu, nous ne serons, selon le sermon sur la montagne de Jésus, des enfants de Dieu qu’à la mesure où nous laissons notre « soleil d'amour » se lever chaque jour à nouveau sur les justes et les injustes (cf. Mt 5,45).
Pour oser s'accepter, une personne a besoin d'une profonde conscience dans son cœur, que quelqu'un l'aime entièrement et totalement pour elle-même. Quelle chance avons-nous d'avoir de telles personnes !
Le dernier accueil, ainsi dit, la guérison de chaque complexe d'infériorité à la racine, ne peut être donné – c'est l'expérience de la Petite Thérèse – que par celui qui est l'amour en personne. Thérèse a fait l'expérience de cette guérison de la racine à Noël 1886. Elle écrit en regardant en arrière : « Thérèse n'était plus la même. Jésus a transformé son cœur. » Elle vit cela et le décrit presque comme un miracle, qu'à quatorze ans, elle a pu, littéralement du jour au lendemain, enfin s'accepter complètement. Cette petite expérience lui permet de confesser : Je peux être moi-même et donc rester, je suis aimée, tel que je suis ! Je n'ai pas besoin de changer du tout ! Jésus est devenu un enfant faible à Noël, afin que moi aussi, précisément à cause de ma faiblesse, je me sente aimée et cherche toute la force et le pouvoir en lui. « En cette nuit où le bon Dieu est devenu faible et souffrant par amour pour moi, il m'a rendue forte et courageuse. »
Depuis ce Noël, Thérèse est libérée de son regard sur elle-même, elle est à présent soulagée de l’école non chrétienne de l’auto-perfectionnement et de l’auto-sanctification. Elle sait : Jésus réparera tout en moi. Elle peut lui dire : Toi, Jésus, tu dois tout faire en moi et tu le feras ! – Et celui qui n'a plus besoin de se soucier de soi-même est libéré pour l'amour : « Oui, j'ai senti que l'amour était entré dans mon cœur, le besoin d'oublier moi-même pour faire plaisir aux autres, et depuis lors j'ai été heureuse !… »
Son père et ses quatre frères et sœurs n'avaient pas pu auparavant l’aimer complètement pendant dix ans.
La « nouvelle » Thérèse qui se développe maintenant, vue de l'extérieur, devient, pour ainsi dire, la personne la plus libre qu'on puisse imaginer, sur qui l'on ne peut plus trouver rien d'angoissant. Dans son nouveau style de vie, il était possible de constater : elle est calme en elle-même. Dans chaque situation, elle se raccroche à Christ et ainsi elle peut courageusement sortir d'elle-même et embrasser profondément chacun : « Plus je suis liée à Jésus, plus j'aime mes sœurs avec ferveur. » Vivre a du sens quand je suis aimant et que je le deviens de plus en plus. C'est là que la véritable piété veut nous mener. Ce qui rend ce processus si douloureux – s'approcher même des gens difficiles, se laisser pénétrer par la croix, donner sa vie – fait mal. Thérèse a « réussi » cela en regardant Jésus, qui a pu être son Rédempteur et Sauveur du matin au soir.
L'autobiographie de Thérèse est ainsi devenue dans la littérature spirituelle de notre siècle un « grand coureur » et un best-seller jamais égalé, parce que dans celle-ci tous, du croyant le plus simple au théologien le plus érudit, peuvent vivre avec elle comment une personne initialement névrosée et égocentrique, encore une fois névrosée par une mauvaise éducation religieuse, est transformée par Dieu en le plus grand amoureux et le plus grand « missionnaire » de notre siècle.
Interrogée sur ses mots d'adieu, Thérèse répond : « J'ai tout dit : Seule l'amour compte ! » Et un de ses derniers mots, peu avant sa mort par asphyxie : « Je ne regrette pas de m'être engagée dans l'amour, non, je ne le regrette pas ! »
P. Theophan Beierle OCD
Thérèse de l'Enfant Jésus se compare à un homme qui lutte de toutes ses forces contre quelque chose dont nous ne voyons ni la forme exacte ni une hostilité particulière. Ce n'est que dans les dernières années, lorsqu'elle a compris qu'elle avait triomphé, que le visage de l'adversaire se révélait : c’est le mensonge. Le mensonge sous toutes ses formes qui peut se manifester dans le christianisme, masqué par des faux-semblants, une authenticité à moitié réalisée, des transitions où sainteté et bigoterie, art et kitsch, vraie fadeur et faiblesse méprisable forment un enchevêtrement inextricable. Le destin de Thérèse est de vivre à cette frontière, d'être non seulement incomprise – en vie et après la mort – mais assez souvent incompréhensible, de lutter avec les armes de son temps contre ce temps, de devoir se battre avec des mots et des images de kitsch pour la vie et la mort contre le mensonge du kitsch, de se défaire avec toute la force qu'elle avait, de sa peau trompeuse, sans pouvoir abandonner son milieu imposé, sans pouvoir, sans vouloir… Elle pénètre à travers toutes les douceurs et les contrefaçons jusqu'à la simple et nue vérité de l'Évangile…
Et ce que le kitsch a causé dans la mariologie ! Ce que Thérèse repousse ici sans pitié, un peu comme si elle fouettait en nettoyant le temple, c'est un ensemble de dévotions pieuses et bien intentionnées accumulées autour de la Mère de Dieu, qui finissent par laisser les âmes repartir les mains vides et les empêchent de boire à la source de la vérité.
Hans Urs von Balthasar
(Sœurs dans l'Esprit, Einsiedeln 1979)
Kernworte der hl. Thérèse von Lisieux (2),
Karmelimpulse II/1993.
Traduit par Dr. Vojtěch Pola.