Notes spirituelles autobiographiques de Marie Petyt (1/5)

Michael lui enseignait l'art d'écouter son propre cœur et de suivre l'appel de l'amour divin qui émane des profondeurs de soi...L'art d'écouter son propre cœur

Dans le cycle "Écrits spirituels autobiographiques de Marie Petyt", nous souhaitons vous présenter par épisodes une certaine forme de "vocation" de cette tertiaire carmélite : vivre sa relation à Dieu d'une manière particulière à travers ses écrits spirituels ; et également une des manières possibles d'accompagnement spirituel qu'elle a reçu de carmélite P. Michael de Saint-Augustin : l'accompagnement par lettres.

 

Marie Petyt (1623–1677) de Flandre, tertiaire carmélite, a pendant près de trente ans pris des notes détaillées sur son expérience spirituelle à la demande de son directeur spirituel Michael de Saint-Augustin. Avec un grand talent de narratrice, elle a esquissé sa vie spirituelle avec toutes ses hauteurs et ses profondeurs : une passion dévorante pour Dieu, des sensations délicieuses de bonheur d'un côté, mais aussi une profonde solitude et désespoir, jusqu'à des pensées de suicide de l'autre côté. Marie écrivait pour clarifier ce qu'elle vivait. Avec une franchise dépouillée et une précision presque angoissée, elle a parcouru un long chemin souvent douloureux d'auto-analyse qui l'a conduite toujours plus profondément à l'union avec son créateur divin. Elle ne pensait pas à un large public de lecteurs, mais cherchait un partage spirituel intime avec son confesseur. La force littéraire exceptionnelle de son expression a toutefois fait de Marie Petyt l'une des plus grandes prosatrices de la région néerlandophone au dix-septième siècle.

Après diverses expériences négatives avec l'accompagnement : elle a brièvement appartenu aux sœurs augustiniennes à Gand, mais a été renvoyée de leur couvent à cause d'un défaut de vision ; ayant vécu pendant trois ans dans la communauté des béguines sous la direction d'un carmélite qui ne s'y connaissait pas beaucoup en accompagnement spirituel, elle a enfin trouvé en 1647 en Michael de Saint-Augustin un guide et confident qui a su donner une orientation décisive à son chemin spirituel. Michael lui a enseigné l'art d'écouter son propre cœur et de suivre l'appel de l'amour divin qui émane des profondeurs de soi. Il va de soi que Marie ne voulait pas perdre cet accompagnement bienfaisant quand Michael quittait Gand après un an :

Lorsque mon digne père s'est levé quelques jours avant son départ, j'ai été poussée à lui demander de me permettre de rester sous sa direction et qu'il demeure mon père spirituel pour toujours. À ce moment-là, je cherchais uniquement à pouvoir continuer dans le même esprit et sur le même chemin que celui qu'il m'avait ouvert. Dans un premier temps, il hésita beaucoup..., mais quand il a vu mon grand désir et mon ardeur à continuer sur le chemin dans son esprit, il a été intérieurement ému de nous accepter, et nous a permis de lui écrire tous les quatre mois et de faire un compte rendu de ce qui s'était passé dans notre intérieur durant ce temps, néanmoins en bref. Quand quelque chose changeait dans la prière ou de nouvelles grâces et inspirations apparaissaient, je devais tout noter brièvement et lui envoyer à l'heure convenue, afin d'entendre son jugement sur ces choses. C'est nécessaire – a-t-il dit – pour éviter le danger de l'illusion ou de compter trop sur ma propre tête et ma sagesse. Il guidait en effet mon âme par des chemins sûrs, dans une complète candeur, soumission et relativisation de ma propre raison.

(1) Il s'agit de Marie Petit et d'une autre sœur Catherine van Oorsaghe.

Extrait du livre : Grundkurs Spiritualität des Karmel
Éditeur : Michael Plattig et Elisabeth Hense, 2006
Traduit et adapté par : Norbert Žuška, OCarm.

 


1 2 3 4 5