Ô, Dieu de mon âme, comme nous avons toujours hâte de Vous offenser, et comme Vous avez hâte de nous pardonner !
Ô, véritable Ami, comme Vous êtes mal récompensé par celui qui est Votre traître ! Ô, véritables chrétiens, aidez à pleurer votre Dieu, et cela non seulement à cause de Lazare avec de si compatissantes larmes, mais à cause de ceux qui ne voudront peut-être même pas être ressuscités, même si Sa Majesté les appelait.
Ô, mon Bien, comme Vous êtes bien conscient des péchés que j'ai commis contre Vous ! Que cela se termine, mon Seigneur, que cela se termine, ainsi que les péchés de tous les autres. Réveillez ces morts à la vie ! Que Votre appel soit si puissant que même s'ils ne vous demandent pas la vie, Vous leur donniez néanmoins.
D'ailleurs, Lazare ne Vous a pas demandé de le ressusciter. Vous l'avez fait à cause d'une pécheresse. Voici, il y a une autre, mon Dieu, une pécheresse bien plus grande. Que Votre miséricorde brille : malgré ma misère, je Vous demande pour ceux qui ne veulent pas Vous le demander…
(Thérèse d'Avila, L'Appel de l'âme à Dieu, 10,1.2.3 ; selon la traduction de travail de Vojtěch Kohut OCD)