La mystique est le plus haut degré de l'évolution de la nature humaine
Le concept de Dieu d'aujourd'hui a à la fois une nature pragmatique et intuitive. Nous devons profiter des circonstances favorables et apprendre à l'homme intuitif à voir Dieu là où il n'est pas caché et où il est accessible à notre raison comme objet de notre réflexion. Comprenez-moi bien ! ...
Dans notre époque, je considère qu'il est essentiel d'apprendre à voir tout l'être dans sa dépendance à Dieu et de le percevoir comme provenant de Dieu. Nous devons y voir l'œuvre divine, reconnaître sa présence (en lui), admettre Dieu en lui et l'honorer ainsi - d'abord en nous-mêmes. Dieu est ici et se révèle à nous. Il veut que nous le »percervions« ici et que nous l'admettions comme Dieu. Nulle part finalement il n'est mieux reconnaissable que dans l'essence de notre être. Si la pensée de la présence de Dieu en nous, de la dépendance totale de toute la nature à Dieu, de sa direction et de sa révélation en toute création était vivante, l'homme agirait tout à fait différemment et ses actions seraient en accord avec la révélation divine.
Les gens doivent à nouveau apprendre à »voir« Dieu et vivre dans le »contemplation« de Dieu. Cela s'appelle la mystique et j'aime y adhérer, si cela signifie que la mystique est le plus haut degré de l'évolution de la nature humaine, dont l'atteinte est cependant possible uniquement grâce à une grâce divine particulière. La mystique n'est pas en contradiction avec la nature, au contraire, la nature est appelée à voir en Dieu l'objet le plus noble de sa connaissance. Quel dommage que les gens ne le comprennent plus. Les œuvres mystiques de Ruysbroeck (1) peuvent à nouveau nous apprendre comment nous pouvons, en utilisant le don naturel de la raison, parvenir à une »contemplation« de Dieu de plus en plus claire. La grande joie est que les gens aujourd'hui demandent à nouveau les œuvres des mystiques, que l'homme consulte à nouveau les mystiques pour apprendre à voir Dieu, pour adopter leur image de Dieu. De la perception intuitive de Dieu dans l'essence de toute création naît ensuite un enthousiasme qui se traduit nécessairement par l'action.
Nous observons avec joie que beaucoup, surtout les jeunes, se laissent inspirer au service par un enthousiasme sacré provenant de leur union avec Dieu. Dieu, qu'ils adorent dans leur propre être, avec qui ils se sentent encore plus intimement liés par la grâce et avec qui ils s'unissent lors de la communion quotidienne, dirige ces gens. Et c'est ainsi que cela doit être. Une bonne action aujourd'hui ne suffit plus. Elle doit plutôt découler de la conscience que notre union avec Dieu nous y engage. Cette conscience doit être le moteur des bonnes actions. En même temps, il est vrai de l'autre côté que la foi seule ne suffit pas ; la foi doit vivre dans les actions et permettre ainsi aux gens de voir sa valeur.
Ainsi esquissé, l'image de Dieu est si convaincante qu'elle ne s'impose pas seulement rapidement face aux notions vagues et floues de Dieu, mais se prouve également dans les luttes et tient bon face à tous les obstacles possibles.
(1) Jan van Ruysbroek (1293–1381) était un théologien, mystique et écrivain flamand.
Extrait du livre : Engagierte Mystik
Auteur : Titus Brandsma
Édité par : Bonifatius-Verlag Paderborn, 1991
Traduit et adapté par : Norbert Žuška, OCarm.