Ô, Seigneur, Vous dites : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous soulagerai ». Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Quoi d'autre demandons-nous ? Que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde se perdent-ils, sinon parce qu'ils cherchent du repos ? Ô, quelle grande cécité, car nous le cherchons là où il est impossible de le trouver !
Ayez pitié, Créateur, de ces Vos créatures. Voyez, nous ne comprenons ni ne savons ce que nous désirons, et nous ne pouvons même pas saisir ce que nous demandons. Seigneur, donnez-nous la lumière ! Voyez, nous en avons besoin plus que l'aveugle de naissance qui désire voir la lumière et ne le peut. Maintenant, Seigneur, il ne désire même plus voir ! Ô, quel mal incurable ! C'est ici, mon Dieu, que Votre puissance doit se manifester, ici Votre miséricorde.
Ô, quelle chose rude je demande, mon véritable Dieu, que Vous vous préoccupiez de ceux qui ne se préoccupent pas de Vous, que Vous ouvriez aux ceux qui ne Vous appellent pas, que Vous donniez la santé à celui qui, avec plaisir, est malade, voire aspire à la maladie !
Vous dites, mon Seigneur, que Vous venez chercher des pécheurs. Ce sont de vrais pécheurs. Ne regardez pas notre cécité, mon Dieu, mais ce précieux sang que Votre Fils a versé pour nous. Que Votre miséricorde brille au milieu d'une si grande méchanceté. Voyez, Seigneur, que nous sommes Votre œuvre. Que Votre bonté et Votre miséricorde nous viennent en aide.
(Thérèse d'Avila, Cri de l'âme vers Dieu, 8,2.3 ; traduction de travail de Vojtěch Kohut OCD)