Voici les jours de salut.

« Je veux devenir sainte, mais ce ne sera pas facile. J'ai beaucoup de travail à faire, le bois est aussi dur que la pierre. J'aurais dû m'y mettre plus tôt, quand ce n'était pas encore si difficile, mais mieux vaut tard que jamais. »

« J'espère que [ma fille aînée] Marie sera une gentille fille, mais j'aimerais qu'elle soit sainte et j'aimerais que tu sois sainte aussi, ma Pauline. Moi aussi, je voudrais devenir sainte, mais je ne sais pas par où commencer, il y a tellement de choses qui m'empêchent de réaliser ce désir. Je dis souvent pendant la journée : "Mon Dieu, comme j'aimerais être sainte !" Et ensuite je n'ai pas le temps de finir mon travail ! Et c'est comme ça toute la journée… »

« Vous me dites de ne pas perdre confiance, et c'est justement ce que je fais. Je sais parfaitement que la Sainte Vierge peut me guérir, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur qu'elle ne le veuille pas, et je le dis franchement, j'ai l'impression qu'aucun miracle ne se produira. J'ai décidé de me comporter comme si je devais mourir. Il est absolument nécessaire que je ne perde pas le temps qui me reste, car ce sont des jours de salut qui ne reviendront jamais, et je veux en profiter. »

(Zélie Martin /1831–1877/, extraits de correspondance des années 1873, 1876 et 1877)