Tandis que tu seras près de notre Seigneur, dans l'action de Son Cœur, demande-Lui pour nous deux une fervente amour pour Lui, qui deviendrait la force et le bonheur de notre vie. Le Cœur de notre Seigneur est vraiment quelque chose d'incroyablement beau et suffisant, qui épuise toute réalité et satisfait tous les besoins de l'âme. Quand on pense à Lui, on en perd la tête. Pourquoi ce culte doit-il être défiguré par toute cette affectation et ce faux sentimentalismo… !
J'ai peur de me tromper à ce sujet (car notre Seigneur nous a proposé l'amour pour Son Cœur comme quelque chose de très social, ouvert à tous, et donc exposé aux excès de la fausse piété), mais j'aurais tendance à considérer le Très Saint Cœur comme un objet si respectable, si sacré d'amour, qu'il devrait être presque l'objet de (…) un culte réservé à ceux qui veulent vraiment être de véritables chrétiens, des chrétiens de tout cœur. Cela me préoccupe qu'il soit devenu une image éparpillée à chaque pas…
Mais je répète que la principale erreur sera peut-être de mon côté. Chez les saints, l'amour de Dieu a toujours été associé à un véritable désir passionné de Le faire connaître aux autres.
(Pierre Teilhard de Chardin SJ /1881–1955/, lettre du front, à sa cousine, 31 mars 1917 ;
cité selon le livre Pierre Teilhard de Chardin, La naissance de la pensée. Lettres 1914–1919, Malvern 2021)