À travers la joie et la douleur, le travail et l'inaction...

Ma chère Marguerite,
étant donné le temps que prendrait le courrier pour Sarcenatu (surtout autour de la Nouvelle Année), je préfère t'écrire à Paris. Quand tu reviendras, tu trouveras cette note. Mon vœu pour l'année 1917 te parviendra donc un peu en retard. Mais tu sais très bien que je l'ai formulé au bon moment dans mon esprit et dans ma prière et que ce retard n'a que peu d'importance. Tu sais ce que je te souhaite : que à travers la joie et la douleur, le travail et l'inaction, les succès et les échecs, l'union et les pertes, notre Seigneur croisse en toi et occupe la première place dans tes actions et tes inclinations ! …

(Pierre Teilhard de Chardin SJ /1881–1955/, lettre du front, à sa cousine, 28 décembre 1916;
cité d'après le livre Pierre Teilhard de Chardin, Naissance de la pensée. Lettres 1914–1919, Malvern 2021)