Le cœur n'aime vraiment que lorsqu'il désire ce qu'il aime ; on ne peut aimer sans désirer ; s'il aime la croix, il désire la croix ; s'il aime le Rédempteur, il désire être avec lui là où il est, et comme il est. Qui croit doit marcher ; qui aime désire marcher. L'amour ne peut choisir et ne choisit pas ; il ne repousse pas et se hâte. (…)
Le regard sur le Christ crucifié n'est pas seulement pour la compassion, mais aussi pour la joie. Nous voyons en lui un cœur largement transpercé, afin que notre propre cœur puisse s'y cacher ; nous voyons les clous dans ses mains et ses pieds, avec lesquels il a été cloué, afin d'être plus fermement lié à la croix, à laquelle il nous appelle et sur laquelle il nous accueille. Cette croix avec le corps du Crucifié est exposée pour être embrassée par les cinq blessures très sacrées. Seule l'amour peut embrasser.
(Jaroslav Durych /1886–1962/, Le cœur et la croix, impression privée de la revue Na hloubinu, 1932)